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 # Lettres à l'absente | Lou Falls.

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Lou Falls

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MessageSujet: # Lettres à l'absente | Lou Falls.   Lun 18 Aoû - 16:58

Pseudo : Vi, Viw' , Vivi, Chien-mouette, Hashish xD ->
Avatar : Marion-Cotillard-parce-que-Jeux-d'Enfants-quoi.
D'où avez-vous connu le forum ? Gniaha. Par... le Saint-Esprit ? [oui il m'a pris pour le service postal --"]
Remarques ? Si vous avez une remarque à faire sur le forum afin de le faire évoluer, qu'est-ce qui pourrait être changé ? Supprimé ? Amélioré ? Euh. Bouton rouge ? Je peux ? Very Happy [Voilà, j'ai découvert ma vocation, je suis faite pour devenir présidente, ainsi je pourrais appuyer sur le fameux bouton -et détruire la moitié d'la planète m'enfin, on réglera comme ça la moitié des conflits faut dire xD]
Code ? ... 4-8-15-16-23-42 ? *fuit*
Sinon 2408A, c'pour aller au parking ->

Spoiler:
 


Dernière édition par Lou Falls le Mar 19 Aoû - 0:07, édité 1 fois
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Lou Falls

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MessageSujet: Re: # Lettres à l'absente | Lou Falls.   Lun 18 Aoû - 19:19




I. A l'ombre des cyprès, fleurissent les fleurs rouges.

Extraits des soliloques de Louanne Charlize Falls.

Hey you,
Out there in the cold,
Getting lonely, getting old,
Can you feel me?


Lettre 4.

Ma bien-aimée,
Les jours s'écoulent ici-bas mais ne se ressemblent pas. Tu es partie. Tu es partie. J'aurais dû m'en douter, tu n'es rien d'autre qu'un preux chevalier servant après tout. Elle t'a appelée, Elle t'a arrachée à mes bras, à mes nuits et sans te retourner, tu t'es éloignée de ce pas tranquille que j'aurais reconnu entre mille. Tu sais, je ne serais pas comme toutes ces femmes qui hurlent à qui mieux mieux qu'elles ne peuvent pas vivre sans la personne qu'elles aiment parce que tu sais tout aussi bien que moi, que je peux vivre sans toi. Je peux vivre sans toi mais je n'en ai pas envie et c'est ça qui compte, n'est-ce pas ?
Toi, tu as essayé de vivre sans Elle, je le sais. Je L'entendais dans chacune de tes respirations lorsque tu dormais enfin, je La devinais dans chacun de tes regards mais tes sourires vacillaient, même quand ils m'étaient destinés. J'aurais pu, j'aurais voulu te retenir, te supplier de ne pas partir, de ne pas me quitter pour Elle. J'aurais pu changer tout ce que j'étais alors, l'inconsciente, l'insouciante jeune femme qui te faisait rire durant nos insomnies, tout pour que tu cesses de penser à Elle, de guetter chacun de Ses appels. Et ton rire, mon Dieu, ton rire mon amour... Un feu d'artifices sous ma peau. Je manque de mots, je n'ai jamais été très douée dès que cela devenait trop sincère et tu l'as toujours respecté. Je me dis maintenant que j'aurais dû faire plus, dire plus, que j'aurais dû me forcer pendant que je le pouvais encore, pendant que tu partageais encore ma couche. Mais maintenant que c'est peut-être trop tard, je ne sais plus tout ce que je voulais encore te dire. Tout ce qui me paraissait si important avant, s'est évanoui en fumée quand je t'ai regardée partir, ce matin là.
Le jour se levait à peine, détruisant mes derniers espoirs, je n'ai pas pleuré, pas devant toi, je t'ai blâmée en silence pour cet abandon, emmitouflée dans ce pull trop grand, les jambes nues, me moquant bien qu'on me voit. Mais personne n'aurait pu, il était beaucoup trop tôt... Trop tôt pour que quelqu'un ne voit la scène, trop tôt pour que notre histoire se finisse. Mes lèvres demeuraient scellées par nos derniers baisers, ma peau me brûlait au souvenir de ce qui allait devenir notre dernière étreinte, avant la fin. Je me suis contentée de t'observer sans rien dire, sans trop savoir quoi te dire. Aujourd'hui je sais que j'aurais dû te dire que je t'aimais et que je t'attendrais, aussi longtemps qu'il le faudrait, que j'attendrais que tu me reviennes enfin parce que ma vie, je ne la voyais pas avec une autre que toi. Moi, je t'avais reproché tellement de choses par le passé. Je t'avais même frappée.
Et tu es restée aussi silencieuse que moi ce jour-là. Tu as un peu hésité, esquissé ton sourire triste et tu m'as prise dans tes bras. Une dernière fois. J'ai enfoui mon visage dans ton chandail, l'agrippant de mes doigts fins dans ton dos fin, musclé, réconfortant pour empêcher une chute que j'avais déjà entamée. J'ai respiré à pleins poumons ton odeur pour prévenir l'apnée dans laquelle ton départ allait me plonger et j'ai senti les larmes rouler sur mes joues sans bruit. Je pleurais ton choix et ces si longs moments à venir sans toi. Ta main gauche est venue m'enserrer la taille, se frayant un chemin au creux de mes reins et l'autre s'est perdue dans ma nuque et dans mes cheveux. Ton visage s'est tourné vers mes cheveux et j'ai senti ton souffle. Toi aussi, tu profitais des derniers souvenirs des sens. L'une et l'autre, nous avons attendus que l'autre fasse le premier pas. Tout contre moi, je t'ai sentie défaillir. Et je sais que si je t'avais retenue encore un peu, tu ne L'aurais pas rejointe. Mais je savais mon rôle... J'étais la femme trahie, bafouée et Elle la maîtresse sans scrupules, ni remords. Si je t'avais empêchée de La rejoindre, tu m'en aurais voulu, je le savais. Alors je t'ai repoussée, tout doucement, essuyant rapidement les sillons de mes regrets amers sur mes joues, j'ai hoqueté à demi-mots et puis en croisant ton regard, je t'ai souris. Un faible sourire, un sourire facile, un mensonge de complaisance. Tu le connaissais avant même que je ne l'esquisse. Et je t'ai dis les mots que tu attendais depuis toujours...

« Vas-t-en maintenant. »


Sans un mot, tu m'as remerciée, je le sais, je l'ai lu dans tes yeux assombris par le chagrin. Ces quelques mots, je te les avais refusé et j'aurais pu continuer mais j'ai choisi de prendre ton parti, j'ai choisi de croire et de faire comme si le choix que tu avais fais pour nous, était le mien aussi, comme si dans notre histoire, il n'y avait jamais eu une de nous qui était plus d'accord que l'autre. Alors je n'ai pas été égoïste, je te l'ai livrée sur un plateau. Ta bénédiction.
Tu as pris ton sac et tu as commencé par me tourner le dos, tu as descendu les quelques marches de ton perron et tu as fais quelques pas. Et je n'ai pas pu retenir mon cri plus longtemps.

« Kennedy ! »

Ton prénom. Ton si doux prénom. Je me souvenais encore de ta gêne pour me l'annoncer. Mais tu le portais bien ton prénom. Kennedy. Mon doux, mon tendre, mon merveilleux amour. Tu aurais pu faire semblant de ne pas entendre mon sursaut, tu aurais pu l'ignorer mais tu n'étais pas comme ça et tu t'es retournée vers moi, un peu surprise. J'ai dévalé les marches, j'ai couru les mètres qui nous séparaient et je me suis jetée à ton cou. Je t'ai embrassée comme je t'aimais et puis je me suis décollée, glissant ma main sous mon pull, attrapant ma chaine de baptême, la retirant fébrilement de mon cou et la passant autour de ton cou frêle. Et je t'ai souris, un mince, un vrai, un sourire.

« Tu as intérêt à me la rendre. »

Tu m'as rendu mon sourire. Le tien était plus franc, tu avais compris. J'avais retenu tous les serments d'amour et les promesses que je brûlais à la fois de te faire et de te demander, par ce geste, je me donnais à toi et par ces mots, tu avais entendu ceux qu'il fallait, ceux que je ne pouvais te dire... « Reviens-moi... »

A Hillside, le 18 Septembre 19**


Hey you,
Standing in the aisle,
With itchy feet and fading smile,
Can you feel me?



Lettre 13.

Kennedy, mon amour, ma belle amie, ma délicieuse amante,

J'ai décidé de ne jamais te faire parvenir ces lettres. Ce n'est pourtant pas l'envie qui m'en manque mais je ne veux pas te paraître pitoyable. Je veux que tu gardes la dernière image que tu as de moi et non celles que te renverront un bout de papier mais je ne peux me retenir de t'écrire et peut-être les liras-tu, lorsque tu reviendras, la moue boudeuse de n'avoir eu de mes nouvelles. Ta frimousse si charmante, si contrariée et un frisson de jalousie lorsque tu inspecteras ma chambre, la nuit venue, imaginant malgré toi que d'autres mains, d'autres bouches ont foulés ce sanctuaire qui n'accueillait que toi. Et je sourirais de tes airs, mi-femme, mi-enfant, t'attraperais par les cheveux pour te donner un baiser et te souffler qu'il n'y a jamais eu que toi. Mais le temps des retrouvailles n'est pas encore venu et la vie ici s'écoule paisiblement, peut-être un peu trop. Tu me manques. Tu me manques. Tu me manques. Et je ne peux m'empêcher de grimacer d'injustice quand je songe qu'Elle t'a volée à moi, pour combien de temps encore ?
Le souvenir de ton départ tourne en boucle dans ma tête, écorchant les autres et me rend peu à peu folle, folle de douleur et de chagrin. Car lorsque tu t'es retournée, me tournant le dos pour la dernière fois, tu m'as broyé le cœur. Je t'ai regardée monter dans cette voiture qui t'emmenait à jamais au loin, traversant les océans pour La rejoindre et j'ai fais lentement demi-tour, m'enfermant dans ta jolie maison qui n'était plus qu'absence de toi. Je n'ai pas pu demeurer dans la cuisine, l'horloge ne me rappelait que trop bien que mon cœur à moi ne battait plus la mesure alors je suis montée lentement, précautionneusement, les yeux à demi-clos, plongée dans nos souvenirs. A pas feutrés, j'ai pénétré dans ta chambre et je me suis enfouie sous les draps qui portaient encore ton odeur, ta sacro-sainte, ta divine odeur. Et j'ai longuement pleuré de rage, de tristesse, de colère, des regrets, des souvenirs, des attentes. Si j'ai sombré dans le sommeil ce n'est que d'épuisement. Deux jours se sont écoulés, prostrées dans ce que je devenais, n'étant plus qu'attente de toi. Deux jours pour briser mes espoirs de te revoir vite, deux jours passés à m'éveiller en sursaut, cherchant ton cou, ton bras, ta main pour m'y réfugier et t'y conter mon horrible cauchemar. Mais c'était bel et bien fini. Fini. Fini. Le temps des rires, le temps de l'amour, le temps de notre histoire. Pourquoi ne m'avait-on pas dit qu'il y avait un temps imparti ? Que notre bonheur était trop beau, trop lumineux, trop brillant qu'il en devenait dérangeant ? Elle s'est immiscée entre nous, sans éclats, dévastant tous nos projets d'avenir. Et quand j'ai remarqué l'Intruse, il était déjà bien trop tard, tu ne vivais plus que pour Elle. Je n'étais pas faite pour le ménage à trois, j'aurais pu accepter beaucoup de choses venant de toi mais pas Elle, jamais Elle. Pourtant c'est vers Elle que tu es allée mais Elle, la première, nous avait détruit en te choisissant. Je regrette le temps de l'ignorance, de l'insouciance, le temps où demain nous paraissait si loin. Je n'arrive malheureusement pas à Lui en vouloir, je peux concevoir qu'une Autre puisse t'aimer, puisse te vouloir que pour Elle parce que je sais ce que c'est, parce qu'il y a tellement de filles qui t'aiment, parce que je n'aurais été qu'une parmi d'autres si nous n'étions pas venues l'une à l'autre un soir de juillet. C'est à toi que j'en aurais voulu si jamais j'avais su comment faire. Je t'en aurais voulu pour L'avoir aimée plus que moi. Ne mens pas. Tu ne serais jamais partie sinon. Tu aurais pu vivre avec. Mais tu devais y aller. Ça, je l'ai bien compris. Tout comme tu m'avais choisie moi, c'est Elle qui m'a détrônée. J'aurais pu tout souffrir tu sais, je n'étais même pas jalouse de ces filles qui te tournaient autour, qui minaudaient à tes pieds parce que c'est avec moi que tu étais. Mais à quoi bon ?
La nuit, le jour, j'ai peur. Peur de ne pas te revoir. Peur que tu ne m'aimes plus. Peur de ne plus te comprendre. Peur de ne pas savoir te soutenir. Peur que nous ne résisterons pas à cet évènement, à cet obstacle. Quels mots disgracieux pour La désigner Elle alors que tu pourrais mourir pour Elle, je le sais. Je ne peux me confier à quelqu'un d'autre que toi. Les gens deviennent fous ou peut-être est-ce moi, moi qui vis au crochet d'un fantôme, errant sans relâche dans ton chez toi, me perdant un peu plus dans tes draps, portant tes habits comme une veuve porterait le deuil. Je suis si faible sans tes bras pour m'accueillir. Mais personne ne se doute de mes tourments car la vie continue, la vie continue pour tout le monde sauf pour moi. Je fais mine de rien tu sais, je vais au lycée, des lunettes de soleil plantées sur le nez pour cacher mes yeux rouges et personne n'ose me faire une réflexion en face. Tous pensent que c'est parce que je ne suis qu'une pauvre petite pétasse prétentieuse et hautaine. Je les laisse dire. Après tout, je suis particulièrement infâme, tout le temps d'une humeur de chien car je suis épuisée sans ton épaule pour m'y reposer. Au fond, ces pauvres cons sont ma seule distraction. Un garçon m'a encore invité à sortir tu sais. Je l'ai détaillé de haut en bas et j'ai éclaté de rire. L'imbécile, il ne tient pas la comparaison. Comment ose-t-il même un seul instant penser que je le laisserais me toucher après toi ? Bien sûr, il ne connait pas ton existence mais pour moi qui sens encore tes doigts glisser sur moi, je le trouve ridiculement drôle. Et je t'imagine face à moi, te raconter avec moult détails imaginés à la va vite et sur un ton badin cette anecdote, te surveillant du coin de l'oeil trembler d'une rage contenue. Je t'aurais tourné le dos, poussant la plaisanterie un peu trop loin et tu te serais levée d'un bond, tu m'aurais attrapée par les poignets, obligée à me retourner. Tu aurais planté ton regard dans le mien, aurais glissé tes mains jusqu'à mon visage et tu m'aurais embrassée violemment. Tu aurais voulu marquer mes lèvres, les mordant, me faisant mal, me marquant aussi bien dans la chair que dans l'âme pour y laisser ton empreinte, sans même y réaliser que tu n'avais pas besoin de faire ça pour que je t'appartienne car j'étais déjà à toi.
Tu as toujours détesté tout ceux qui m'approchaient, voulant me garder exclusivement pour tes beaux yeux. Et si tu l'avais pu, tu m'aurais enfermée avec toi pour l'éternité, ne serait-ce que pour me regarder, laissant les hommes dans le désespoir le plus absolu puisque tu m'aurais ravie à leur vue et le pire dans tout ça, c'est probablement que je t'aurais laissé faire...

Le 27 Septembre 19**


Dernière édition par Lou Falls le Mar 19 Aoû - 0:51, édité 2 fois
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Lou Falls

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MessageSujet: Re: # Lettres à l'absente | Lou Falls.   Lun 18 Aoû - 19:19


Hey you,
Don't help them to bury the light.
Don't give in without a fight.

Lettre 26.

Kennedy. Kennedy, je t'en prie reviens. Les gens sont fous ici ou peut-être est-ce moi qui suis folle. Folle de toi, folle de nous. Reviens. Ne te jette plus à ses pieds à chaque fois qu'Elle s'adresse à toi. Et toute l'énergie que tu voues à L'étreindre, mets-la en nous. Crois-y comme j'y crois car j'ai bien du mal à y croire pour deux...
Je n'ai plus que toi au monde, tu le sais. Oh, ne parles pas de ma mère s'il te plaît. Elle ne pense qu'à rajeunir, qu'à courir après du temps perdu, du temps superflu. La pauvre se refuse à vieillir. Elle n'a rien compris, vieillir est un cadeau, surtout si c'est auprès de la personne que l'on aime. Je me doute que si tu savais tu râlerais mais je parade toujours devant elle, ravie de la voir exaspérée, jalouser un corps qu'elle n'aura jamais plus. C'est plus fort que moi. Je n'ai jamais pu lui pardonner pour mon père, peut-être un jour en aurais-je la force mais c'est bien mon seul petit plaisir que de la faire enrager ainsi. Oh mais rassures-toi, je ne suis pas la seule à faire des coups bas, elle aussi, elle ne se retient pas, m'accablant de sa perfidie. Toute une histoire de famille...
Si tu me lisais, ton visage aurait fini par s'assombrir, toi et ta famille, c'est également toute une histoire je le sais. Nous sommes deux écorchées à vif par la vie et peu m'importait tant que nous étions ensemble. Es-tu partie parce que tu estimais que tu avais quelque chose à prouver, quelque chose à régler en La rejoignant ? Je ne vis qu'en espérant un mot, un signe de toi et j'appréhende avec hantise une mauvaise nouvelle... Tu sais, je ne pleure presque plus. Je crois que je n'ai plus de larmes et mes yeux désespérément secs sont une malédiction car je ne suis soulagée qu'en faisant du mal aux gens. J'ai bien peur que tu ne me reconnaisses pas quand tu reviendras mais la femme que tu as aimée demeure toujours là, seulement seule, elle n'y arrive pas alors je me suis faufilée sous une carapace, prétextant les envies de mon âge. Je les méprise tous si tu savais... Parce qu'aucun d'eux n'est toi.

Le 14 Octobre 19**



Hey you,
Out there on your own,
Sitting naked by the phone,
Would you touch me?


Lettre 42.

Toujours aucune nouvelle de ta part. J'ignore si c'est une bonne ou une mauvaise chose. Un peu des deux je suppose. Je préfère te savoir occupée, une mauvaise nouvelle est si vite arrivée... Ecris-moi. Entends ma prière silencieuse. Je ne demande que quelques mots, une ligne à peine dessinée que je mettrais des heures à déchiffrer. Tu ne m'as rien laissé, rien d'autre que des souvenirs, une maison un peu trop vide, des habits qui perdent ton odeur à trop être portés par moi. Tous les weekends, je m'échappe et vais te rejoindre. J'accumule les prétendants et je n'ai plus la force de les chasser mais s'ils croient qu'ils vont te prendre ta place, ils se fourrent le doigt jusqu'au coude dans l'œil. Je suis toujours en compagnie et pourtant toujours seule. Avec toi, je n'étais jamais seule. J'ai accordé un rendez-vous à un garçon hier et j'ai passé plus de temps à observer ce couple assis à quelques tables de nous, ce vieux couple qui avait oublié comment communiquer. Ils ne se regardaient même pas, ne s'adressaient qu'à peine la parole, échangeant deux, trois banalités avant de retomber dans un mutisme affligeant. Je leur en ai voulu au début. Et puis je les ai plains. Eux, ils ont oubliés comment s'aimer, ils ont oublié ce qu'ils aimaient en l'autre. Alors j'ai passé le reste de la soirée à faire la liste des raisons pour lesquelles je t'aimais toi, ces raisons si difficiles parce qu'elles sont si simples. Le pauvre garçon, me voir répondre à demi à ses questions, l'air absent, ça ne l'a manifestement pas découragé car il a demandé à me revoir. Je ne sais pas, je n'ai pas très envie de faire des efforts... Il doit simplement se sentir le cul béni parce qu'à lui j'ai dis oui.
Il n'imagine même pas les problèmes qu'il vient de s'attirer, peut-être parce qu'il vient fraîchement de débarquer. Il est encore naïf.

Hillside n'a pas beaucoup changé, il y a trois catégories de gens. Ceux qui me veulent dans leur lit ou qui me lèchent les bottes, ce qui revient quasiment au même. Ceux qui me détestent parce que je les ai rabaissés ou méprisés. Il arrive que parfois quelqu'un bascule de l'un à l'autre groupe ou des hybrides, qui ont un pied dans l'un et l'autre. Et enfin, ceux qui ne me connaissent pas encore. Je dois avouer que ces derniers sont mes préférés parce qu'ils n'ont pas encore été corrompus par les ragots. Il suffit que je joue l'agneau pour qu'ils se croient lions. Ils peuvent toujours courir. Toi seule viens hanter mes nuits blanches, toi seule a le droit.

Le 7 Novembre 19**


Dernière édition par Lou Falls le Mar 19 Aoû - 0:52, édité 2 fois
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Lou Falls

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MessageSujet: Re: # Lettres à l'absente | Lou Falls.   Lun 18 Aoû - 19:20



II. Sur les effluves de l'espérance, se précipiter est bien plus qu'une erreur. Une faute.

Hey you,
With your ear against the wall,
Waiting for someone to call out,

Would you touch me?


Extrait du journal personnel de Louanne Charlize Falls.

"Un an avait passé. Le temps n'avait pas rendu les choses plus aisées. Kennedy, absente, je dus avouer en toute sincérité que j'ai plus d'une fois frôlée la folie et manqué d'intenter à ma vie, n'ayant que faire de l'avenir. Elle me suivait toutes les nuits au pays des songes et parfois même éveillée. J'avais déjà arrêté des jeunes femmes dont la stature, dont l'allure était identique mais une fois leurs visages découverts, nulle Kennedy. J'aurais préféré qu'elle eut la lâcheté de me fuir moi seulement et non fuir sa vie ici. Je n'avais toujours personne sur qui me reposer, certainement pas Eva, ma mère avec qui je ne partage que du sang, un toit et quelques critiques, rien d'autre. L'avenir m'apparaissait comme une foutaise, une mauvaise blague. Si j'avais jamais eu un zeste de jugeote ou une once de prudence, je n'y aurais jamais songé. J'avais pensé avoir traversé le pire mais comme tout le monde le sait, le pire survient toujours après. J'aime à croire qu'en considérant la situation actuelle comme la pire possible, je me suis maudite. Car il faut bien un responsable n'est-ce pas ?"


Hey you,
Would you help me to carry the stone?
Open your heart, I'm coming home.


« Kennedy. Kennedy à jamais partie. Kennedy... Pourquoi ? Pourquoi ? Kennedy. Réponds ! Kennedy. Merde ! Kennedy. Mais non, Kennedy ne répondra pas. Pourquoi répondrais-tu mon amour ? Tu es morte. Morte. Morte. Kennedy t'es qu'une lâche, un mufle, une salope. Quand tu me disais que tu m'aimais, je te croyais, quand on parlait du futur, je buvais tes paroles. Alors c'est vrai, nous on s'est un peu liés à la vie à la mort. Peut-être parce que la vie s'est interrompue un peu trop tôt pour toi, peut-être parce que ta mort précipite la mienne. Tu aurais dû revenir, je t'aurais sautée au cou, embrassée, étouffée d'amour. On aurait ri aux éclats, si heureuses de se retrouver enfin après toutes ces nuits d'errance, ces jours d'absence. On serait devenues exactement ce qu'on ne voulait pas être : une maison, un boulot, des bambins à profusion, un chien ou deux. Un cliché. Le cliché d'une famille heureuse. Mais tu m'as arrachée tout ça. Sale égoïste. Tu l'aimes ta solitude, tu l'aimes tellement que tu es morte comme tu as toujours vécu, seule. Il a fallu que ça soit un inconnu, un inconnu qui vienne m'annoncer la nouvelle, un inconnu qui t'avait connue durant ton long silence. Désormais, ton silence sera éternel. En es-tu heureuse ? Tu m'as refusée tes derniers mots. Je ne pourrais pas déchirer en mille morceaux tes déclarations d'amour enflammées, tes serments de me revenir et le regretter ensuite car je n'ai rien à détruire. Rien si ce n'est moi. Celle que tu as aimée mais pas assez pour lui revenir vivante. T'es qu'un menteuse Kennedy. Tu disais pas grand chose mais tes yeux, tes mains, tout ton corps me promettait plein de choses. J'ai eu le meilleur de toi ou presque et voilà maintenant le pire. Est-ce que ça fait de nous femme et femme, dis moi ? Est-ce pour cela que ton inconnu était si affligé pour moi ? Lui as-tu parlé de moi ? De ta vie ici ? Ou ne lui parlais-tu que d'Elle ? Elle qui t'a tourné la tête au poids que tu es morte pour Elle, à cause d'Elle. Kennedy, je t'en supplie. Dis-moi que c'était une farce. Une mauvaise plaisanterie. Une erreur. Reviens-moi. Reviens-moi avec tes blessures, ton air canaille, tes mots rassurants, rends-moi folle encore une fois mais pas comme ça. Pas comme ça. J'aurais pu supporter de te perdre mais pas comme ça. Je t'interdis de mourir, tu m'entends ! Je t'interdis... »

Et Lou s'était effondrée, la voix brisée, les épaules tressaillant violemment, le visage enfoui dans ses mains. Elle avait appris la nouvelle le matin même, au petit jour. Elle n'avait pas crié, elle n'avait pas hurlé, elle ne s'était pas effondrée. Elle avait simplement eu un sourire crispé, secouant négativement la tête, reculant de quelques pas comme pour se protéger de l'oiseau de mauvais augure.


But it was only fantasy.
The wall was too high, as you can see.
No matter how he tried he could not break free.
And the worms ate into his brain.


.Flashback.

«C'est... Impossible. Vous mentez... »

Un frisson d'horreur glissa le long de sa colonne vertébrale. Oui c'était impossible. Kennedy, sa Kennedy, ne pouvait être morte. Elle l'aurait su. Elle l'aurait su. N'est-ce pas ?

« Je suis navré mademoiselle Falls mais c'est bel et bien la vérité. Mademoiselle Rowan est décédée samedi matin. »

Salaud. Fieffé connard dans ton costume Armani sombre. Son ton badin comme s'il conversait d'un sujet aussi banal que le temps qu'il ferait demain acheva Louanne qui perdit dès lors, le seul fil tenu qui l'avait maintenu à la raison. Parce que sa raison n'existait plus. Alors elle s'était jetée sur lui, griffant, tempêtant, cherchant à détruire ce séduisant visage marqué par l'indifférence. Inutile qu'elle souffre seule. Mais la souffrance physique s'atténue, elle. Elle avait perdu pieds en la perdant elle alors à quoi bon se retenir, sa peine était trop grande, trop lourde, trop écrasante et la jeune femme civilisée était anéantie, n'en demeurait que les quelques gênes primitifs. Il tenta de se défendre mais dans sa soudaine démence, Lou n'entendait rien, sourde à toute autre voix que la sienne. Mais le sang, un filet de sang sur la joue de l'homme et sous ses ongles, l'arrêta brusquement. Perplexe, elle contempla avec curiosité le flot de vie qui par un ingénieux système nommé communément "cœur", expulsait à présent le sang précieux hors de ses égratignures. Et quelque part en elle, de voir ce minuscule fleuve, quelque chose se brisa. Le beau visage de Kennedy devait également être couvert de sang. Hébété par la soudaine torpeur qui semblait gagner la jeune femme, l'homme n'osa bouger, de peur de raviver sa colère mais c'était peine perdue, dans sa tête, il n'existait déjà plus. Elle se recula d'abord doucement, les yeux toujours perdus sur la couleur vive et puis ses petits pas se firent course frénétique, elle ouvrit la porte à la volée, la claquant une deuxième fois derrière elle alors qu'elle disparaissait déjà au coin de la rue. Elle se moquait bien de qui elle pouvait croiser dans cet état lamentable, elle ne foulait plus ses pavés, elle foulait ceux d'un autre temps, celui où Kennedy vivait encore et où elle ne courrait plus que vers elle et non après son fantôme.

.Fin du flashback.



Hey you,
Out there on the road,
Always doing what you're told,
Can you help me?



Lou était alors loin de s'imaginer que ce n'était qu'une machination de sa putain de mère, non elle était à mille lieux d'en être consciente. Et allongée sur le parquet, elle souffrait mille morts, plongeant dans un court et chaotique sommeil, s'éveillant en sueur et en larmes, la bouche entrouverte sur un cri muet. Elle était aphone. Pourquoi parler ? Si les mots ne touchaient plus, n'étaient pas entendus par elle ? Et dans toutes ses larmes, elle versait mille pardons. Mais la jeune femme avait pêché d'orgueil et elle était alors convaincue d'en payer le prix. Si seulement elle avait su, si seulement elle avait cru...
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MessageSujet: Re: # Lettres à l'absente | Lou Falls.   Mar 19 Aoû - 7:02



III. L'inachevé, la mise à mort des tièdes.

Extraits du journal personnel de Louanne Charlize Falls.

Hey you,
Out there beyond the wall,
Breaking bottles in the hall,
Can you help me?


"La vie, les études, les préceptes, ne nous préparent pas à ce que c'est que de vivre à la perte de l'être aimé. Comment pourrait-on s'habituer à cet anéantissement total ? Cet instant l'hébétude extrême où la Terre pourrait bien s'effondrer que l'on ne remarquerait rien, même pas une petite secousse ? J'écris vivre, je devrais dire survivre. Un zombie. On ne ressemble à rien, même pas à l'ombre de nous-même. Nous ne sommes même pas une loque, c'est pire, c'est vraiment plus pathétique que ça. On frôle la Folie, la Démence la plus abstraite et durant ces quelques moments de plénitude, on ne souffre pas. Mais la Folie se pare de cruauté et bien vite nous délaisse, nous laissant face à sa sœur la Vérité, l'entière et pleine Vérité ou comme certains ont osé : la Vérité toute nue. Je n'ai pas eu la faiblesse ou plutôt la lâcheté de me détruire malgré mon envie, envie qui s'est vite estompée. Pour me détruire, il aurait déjà fallu que je vive et dans cet état latent, ce n'était rien d'autre que de la survie. Je plongeais dans le plus étrange des états. J'étais bien déterminée à me laisser crever et la seconde d'après, dans un sursaut de dignité ou peut-être de bêtise entière et profonde, je convenais que le prix de mon orgueil serait de vivre. Mais pour vivre, faut-il déjà se reconstruire.
Ma descente aux enfers fut méconnue du grand public ou devrais-je dire de ces vautours que sont les habitants d'Hillside. J'apparaissais revêche, fermée, hautaine, une petite pute à talons aiguille qui se targuait de valoir mieux que tous ces minables. Oh bien sûr, j'étais détestée mais je m'en moquais. Plus rien ne me semblait important après cette fatidique journée où j'avais appris que le bonheur me serait à jamais refusé... Erreur Lou. Ça vaut peut-être mieux ainsi, ta propre mère le dit... T'es qu'une trainée."


Hey you,
Don't tell me there's no hope at all.
Together we stand, divided we fall.


"Dans de rares instants, je doutais soudainement de la mort de Kennedy. Ou plutôt je crois que je ne voulais pas y croire, je ne réussissais pas à en faire le deuil malgré le fait que le noir soit devenu le mot d'ordre de ma garde robe... Ce n'est pas aujourd'hui que l'habit fera le moine ou le deuil à ma place j'en ai peur. Mais je crois que j'avais peur d'oublier. Peur d'oublier quelle femme unique tu étais Kennedy. Peur d'oublier tes mains sur ma peau, ton souffle dans mon cou, tes lèvres sur les miennes, nos ballets incessants. Peur d'en oublier le goût et le désir. Peur de ternir la fougue de nos retrouvailles après une violente dispute. C'était l'amour, c'était la passion, c'était les bavures, les ratures, les erreurs. C'était beau, c'était magnifique comme un opéra de Wagner. C'était mieux que tout, mais pas mieux que la vie. Le prix est bien trop lourd mon amour... Bien trop.
J'aimerais tellement que ceci ne soit qu'une vulgaire mascarade. Mais tu n'es toujours pas là, je suis toujours sans nouvelles de toi. Je suis d'un pathétique absolu, j'attends après des lettres qui ne viendront pas, j'attends auprès d'un téléphone qui ne sonnera pas. Tu es morte ma chérie. Et pourtant tu es toujours là, dans chaque battement de ce cœur qui s'obstine à continuer sans toi. Tu es dans chaque lieu qui a abrité nos souvenirs, prêtant un bout de son histoire pour le lier à la nôtre. Tu es partout et nulle part à la fois car tu n'es pas. Je sais... Tout est dans ta tête Lou.
Oh je veux bien être folle. Mais seulement si tu me reviens. J'ai besoin de toi, j'ai toujours eu besoin de toi car ici-bas sans toi mon aimée, je n'y arrive pas, je ne sais pas, je ne peux pas. Ça n'a pas de sens. Regardes-moi, l'ancienne épicurienne, chercher un sens à tout maintenant que tout est dénué, la vie est cruellement ironique ma douce. J'étais à toi. Tu étais à moi. Je ne suis pas, je ne suis plus. Nous étions.
Je t'aurais suivie pour le meilleur et pour le pire si tu me l'avais demandé, partageant tes joies comme tes peines, que l'on soit riches ou pauvres, t'épaulant dans l'adversité, que tu sois en pleine santé ou te veillant si tu étais malade et tutti quanti et ce jusqu'à ce que la mort nous sépare. Mais tu n'as pas voulu. Aussi sûr que tu l'as choisie Elle, ta mort, tu l'as affrontée seule. Je crois que ça m'a fait réaliser quelque chose... On passe son temps à rechercher l'Amour, le Grand, le Vrai, certaines personnes le trouvent, d'autres jamais mais au final, on meurt tout de même seuls. Il n'y a que dans les films ou les romans où les deux amants décèdent ensemble. Dans la vraie vie, quand tu meurs, t'es encore seul. Toi, tu désirais la solitude tout autant que tu la redoutais, je le sais. Dis-moi mon amour... Est-ce que tu as eu peur quand tu as vu ta fin arriver ? L'as-tu seulement vue ?
Tu sais, je ne t'en veux pas ou plutôt plus. Je présume que tu es en paix maintenant car ailleurs, ça ne peut qu'être mieux qu'ici, même si c'est sans toi.
PS. Promis, je ne cracherais plus sur les croyants qui sortent de la messe le dimanche matin. Quand tu n'as plus rien, tu as besoin de croire en quelque chose qui te dépasse. Eux c'est Dieu. Moi c'est Nous. Dans cette vie ou dans une autre, amour. Dans cette vie ou dans une autre."


Fin.

Et si cette histoire s'achève, ce n'est pas pour laisser place à une nouvelle histoire, c'est tout simplement parce que l'agonie perdure et que les plus beaux mots sont ceux qui se devinent sans bruit, sans éclats. Un peu comme un sanglot d'automne. La vie continue et selon certains, il y a toujours une voie, même lorsque cela semble impensable. Et si c'était vrai ?
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